03 tháng 1 2013

Retour de la Flotte russe au Vietnam : Pékin aux aguets

Retour de la Flotte russe au Vietnam : Pékin aux aguets



Alexandre Loukine, Rédaction en ligne
2.01.2013
Retour de la Flotte russe au Vietnam : Pékin aux aguets

Photo: Flickr.com/JeriSisco/сс-by-nc-sa 3.0

Pékin a suit très attentivement les négociations entre la Russie et le Vietnam sur l'utilisation par la marine russe de la base de Cam Ranh. Le Huanqiu Shibao, quotidien chinois influent, a récemment publié un article intitulé « Le retour de la Russie à Cam Ranh n'est pas forcément un mal ».

L'histoire des relations dans le triangle Moscou-Pékin-Hanoï n'a jamais été simple. D'autant plus intéressante est la réaction assez neutre de la partie chinoise au retour possible de la marine russe à Cam Ranh.
Depuis la formation de la RPC Moscou et Pékin ont soutenu la lutte des communistes vietnamiens contre les colonisateurs français, puis contre les Américains, alliés du Vietnam du Sud. Il est paradoxal que depuis la fin de la guerre au Vietnam les relations entre les trois pays socialistes aient plutôt dépendu de la géopolitique que de l'idéologie. Le Vietnam réunifié s'est mis à prétendre à un rôle plus substantiel dans la région, face à la volonté de Pékin de se mettre à la tête du mouvement communiste dans l'ensemble de l'Asie. A titre de réponse, la Chine a fait appel au régime sanglant des « Khmers rouges » du Cambodge voisin, qui les avaient soutenus dans leur conflit avec Hanoï. Quand les troupes vietnamiennes ont renversé ce régime, la Chine a décidé de donner une « leçon sanglante » au Vietnam, mais a subi une humiliante défaite dans le conflit militaire de février 1979. Cette confrontation armée a été qualifiée de première guerre socialiste.
A l'heure actuelle les relations entre Pékin et Hanoï restent tendues. La pierre d'achoppement est le litige territorial autour des îles Paracels et des îles Spratleys en mer de Chine méridionale. Le Vietnam est préoccupé par le renforcement de la puissance militaire et économique chinoise et par la consolidation des positions de Pékin dans la région et dans le reste du monde. Hanoï est quête d’alliés pour refréner son ancien ami socialiste. Etant donné que les Etats-Unis sont le principal concurrent géopolitique de la Chine, le Vietnam est obligé de chercher la compréhension mutuelle avec son ancien ennemi. Les Etats-Unis, soucieux de trouver un contrepoids à l'influence de la Chine dans la région, sont également intéressés à la coopération avec le Vietnam.
Dans ce contexte, les débats concernant l'utilisation de la base navale vietnamienne de Cam Ranh suscitent un vif intérêt. Jusqu'en 1972 la base était utilisée par les troupes des Etats-Unis. Après la défaite du Vietnam du Sud en 1975 les troupes nord-vietnamiennes ont pris le contrôle de la base, et toujours en 1975 la base a été cédée à bail à l'URSS à titre gratuit. Après la dislocation de l'URSS elle n'était pratiquement pas utilisée par la flotte russe et a été fermée le 1 janvier 2002. En 2003 les négociations ont été entamées sur la possibilité de son utilisation par les navires des Etats-Unis. En juin 2012, l'intérêt de la base a été confirmé par le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta qui l'a visitée, devant ainsi le premier chef du Pentagone à se rendre au Vietnam socialiste.
Les projets de coopération militaire américano-vietnamienne déplaisent fortement à la Chine qui y voit une nouvelle démarche en vue de créer un système américain de dissuasion et une menace à son intégrité territoriale. Bien que les Etats-Unis ne soutiennent pas ouvertement les visées territoriales du Vietnam, les deux pays préconisent une médiation internationale, tandis que la Chine s'oppose formellement à l'internationalisation du conflit.
Aussi les projets de retour à Cam Ranh de la Flotte russe ont-ils fait l’objet d’une grande attention à Pékin. La création d'une base navale de la marine russe a été notamment discutée au cours de la visite au Vietnam de Dmitri Medvedev au début de novembre 2012. Le premier ministre russe a déclaré que l'examen du dossier serait poursuivi.
En Chine cette information a suscité des sentiments mitigés. D'une part, la Chine assiste avec un sentiment de jalousie au rétablissement des rapports entre Moscou et Hanoï. Pékin est particulièrement mécontent de la coopération entre les sociétés russes et vietnamiennes en matière de mise en valeur des matières premières du plateau continental, bien que Moscou ait promis de ne mener aucune activité sur les territoires contestés. D'autre part, la Chine préfère le déploiement à Cam Ranh des forces navales d'un pays ami, la Russie, à l'arrivé des Etats-Unis.
La deuxième opinion prend le dessus en Chine. En témoigne l'article de Huanqiu shibao. Son auteur, l'analyste naval Li Jian, critique avec virulence les velléités du Vietnam d'internationaliser le litige territorial, tout en restant réservé sur la Russie. Il estime que bien que la présence militaire russe complique la situation dans la région, elle peut conférer à la Chine une plus grande marge de manoeuvre.
Il est notoire que dans les conflits entre les Etats de la région, la Russie ne prend fait et cause pour aucune des parties. La Chine est un partenaire stratégique de la Russie et les relations amicales entre Moscou et Pékin sont très importantes. Toutefois le rétablissement des liens amicaux traditionnels avec le Vietnam et l'essor du partenariat mutuellement avantageux avec d'autres pays d'Asie-Pacifique répondent aux intérêts nationaux de la Russie. T

http://french.ruvr.ru/2013_01_02/Pekin-suit-les-plans-de-la-flotte-russe/

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